Jean Gaumy et la Mer

Genova 8305
« Photographier c’est comme pêcher ou écrire. C’est sortir de l’inconnu qui résiste et refuse de venir au jour. » — Jean Gaumy
Exposition conçue et produite par le Musée national de la Marine en partenariat avec la Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP), où est aujourd’hui conservé le fonds exceptionnel du photographe. Première grande exposition consacrée aux photographies maritimes de Jean Gaumy, elle célèbre une figure majeure de la photographie contemporaine — membre de l’agence Magnum Photos, de l’Académie des beaux-arts et peintre officiel de la Marine. Aux quelque 150 tirages issus des collections de la MPP, le parcours présenté à la Villa Tamaris ajoute une sélection inédite de photographies plus personnelles.
Une vie face à la mer :
Né en Charente-Maritime, à Pontaillac près de Royan, Jean Gaumy a grandi entre rivières et rivages. La pêche, découverte à neuf ans, a été pour lui une école du regard avant la photographie. « C’est en pêchant, enfant, que j’ai perçu et appris le métier de photographe : s’immerger, concentrer son champ de vision, isoler un acteur dans un environnement, tenter l’approche avec le corps, trouver la juste distance avec le sujet. » Installé à Fécamp depuis 1995, il n’a cessé de sillonner les mers du monde depuis ses débuts dans les années 1970 : d’abord à l’agence Viva, puis chez Gamma sur invitation de Raymond Depardon en 1973, et enfin chez Magnum Photos en 1977.
Le rythme de l’actualité brûlante correspond peu à ce photographe qui privilégie le temps long, l’enquête lente, le huis clos. Après ses séries fondatrices sur l’hôpital (1975-1976) et la prison (1976-1979), il fait de la mer son grand atelier, de la Normandie au Groenland en passant par l’Andalousie, Long Island, la Mauritanie…
Le parcours : un inventaire poétique du monde maritime :
L’exposition dévoile, à travers une pluralité de supports — tirages, albums, brochures imprimées, diapositives et négatifs —, comment Jean Gaumy saisit avec une intensité rare des thématiques aussi diverses que la pêche artisanale, la pleine mer, le traumatisme des marées noires, le huis clos des sous-marins ou l’exploration des pôles. Du reportage documentaire à une poésie plus contemplative, le « style Gaumy » se révèle au fil de salles thématiques, mêlant images emblématiques et tirages plus confidentiels présentés au public pour la première fois.
La Boucane. À Fécamp, en 1977, La almadraba. En 1982, à Barbate et Zahara de los Atunes, en Andalousie,
Long Island. En 1983, aux États-Unis….
Pleine mer. Hanté par le regret de n’avoir pas photographié les derniers terre-neuvas portugais, Jean Gaumy embarque en 1984 sur le chalutier Koros armé à La Rochelle, puis en 1992 et 1998 sur le Rowanlea armé à La Corogne.
De par le monde. De Saint-Pierre-et-Miquelon (1979) à la Martinique, de la Mauritanie (2004) à Fukushima (2012), les missions confiées par Magnum et la presse mènent Jean Gaumy partout où la mer parle aux hommes — et où les hommes la blessent.
Dans le huis clos des sous-marins. En 2004, la Marine nationale l’autorise à passer 300 heures à bord du sous-marin nucléaire d’attaque Améthyste, lors de l’opération Red Shark entre Djibouti et la Crète……
Jean Gaumy n’est ni illustrateur, ni ethnologue. Son point de vue est à hauteur d’homme. Il aime saisir le monde de près, mais avec la pudeur et le retrait propres à la solitude de l’artiste. À la Villa Tamaris, le visiteur traverse cinquante ans d’images où des hommes et des femmes se confrontent aux forces de la nature, où un photographe accroché à son ciré et à son objectif n’a jamais cessé, malgré le mal de mer, de repartir.
« L’eau aura été mon échappatoire, une façon de rester fidèle à ma nature et en même temps la façon de m’affirmer, de me trouver. » — Jean Gaumy
Dates : Du samedi 31 octobre 2026 au dimanche 17 janvier 2027 de 13:30 à 18:30.
Entrée libre.
Renseignements : 04 94 06 84 00.
Lieu : Villa Tamaris, 295 avenue de la grande maison.

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