Les corps nus et mouvants, captés par Gilles Boudot ,grâce à la technique du sténopé, sont à découvrir à la Maison du Cygne, jusqu’au 13 septembre.
Texte et photos Julien Talani
Ils ont quelque chose de fantomatique ces corps nus, photographiés avec un temps de pose particulièrement long. Ils semblent rompre l’obscurité sans complètement s’en détacher. Flottants, tel un voile de chair, à la surface des ténèbres. Ce travail, Gilles Boudot ne l’avait pas vraiment anticipé. “Je ne me suis pas levé un matin en me disant que j’allais photographier deux cent trente-neuf corps au sténopé”, explique le directeur artistique de la galerie toulonnaise La porte ouverte. “C’est, à l’occasion du Covid et des confinements successifs, que j’ai redécouvert la technique du sténopé (l’objectif de l’appareil photo est remplacé par un simple trou faisant passer la lumière, le temps de pause nécessaire pour imprimer la pellicule est extrêmement long). J’ai choisi un temps de pause de vingt secondes pour capter tous ces corps d’où le titre de cette série : “20 secondes””, poursuit l’artiste.
Un travail ambitieux
Pour Gilles Altieri, commissaire de l’exposition, ce travail est l’un des plus aboutis exposé par la Maison du Cygne. “Après avoir exploré les propriétés physiques de l’air chaud, sur le thème de la nature morte, à l’argentique, Gilles Boudot a poussé son travail encore plus loin vers le fantomatique, grâce à la technique ancestrale du sténopé, frôlant le mystique”, explique-t-il non sans souligner “le professionnalisme de l’équipe du Carré d’arts de Six-Fours qui a magnifié, par son engagement, cet ambitieux travail de recherche”.
Cette évanescence n’est pas sans rappeler un souvenir d’enfance bien précis à Gilles Boudot : “Chaque fois que j’accompagnais mon père au musée des beaux arts de Toulon, je contemplais durant de longues minutes une toile d’Eugène Carrière, baptisée “premier voile”, à la facture légère, presque transparente. La série “20 secondes” est mon interprétation de cette opalescence qui a profondément marqué mon imaginaire”.
Les expositions à venir
D’autres expositions vont débuter, en ce mois de juillet, à Six-Fours. Deux vernissages sont prévus, vendredi 10 juillet, à 18 heures, à la Batterie du Cap Nègre (Alain Signori) et à l’Espace Jules de Greling, samedi 11 juillet à 11 heures (Adeline Dupont et Isabelle Etienne-Silve).
